50 nuances de grey

Je ne parlerais ici que du film, je n’ai pas lu les livres, et je n’ai plus du tout envie de le faire. Mais pourquoi maintenant ?
Je suis tombé sur l’analyse d’un youtubeur. Je suis assez d’accord avec lui, mais il me semble avoir oublié une partie importante.

Pour ceux qui comme moi, ne savaient pas vraiment à quoi s’attendre, voilà ce qu’on a entendu un peu partout : Il s’agit d’une romance érotique, entre une jeune diplômée en littérature et un homme d’affaires, qui va l’initier à la pratique du BDSM.

Au départ je me suis dit : un type fan de BDSM qui fait découvrir les joies de ses fantasmes à sa nouvelle petite copine ? S’ils sont consentants et qu’ils kiffent tous les deux, pourquoi pas. Je me suis donc calé devant ma télé, un peu hésitante.
Je m’attendais à des tenues de cuir, des fouets, des talons aiguilles, des cordes, des fluides corporels… J’avais peur de découvrir des pratiques dont j’ignorais totalement l’existence. Et je me demandais ce que les « femmes aux foyers » (à priori public principal) pouvaient y trouver de si excitant. Peut-être un échappatoire à leur routine de femmes/mamans bien éduquées ?

Dès le générique de départ j’étais rassurée : interdit au moins de 12ans. On oublie les pratiques cheloues, les gens à poil et les scènes choquantes.

Donc le film commence.
Première surprise : durant les 3/4 du film on suit une amourette digne des films passants sur M6 l’après-midi. La pauvre jeune fille fragile, tombant amoureuse du beau et riche homme d’affaires… Il va sans doute la sortir de sa petite vie monotone et de son train-train quotidien.
J’avais peur qu’il lui propose un plan à trois avec son cheval blanc, mais c’est seulement interdit au moins de 12ans… aucun risque !

Nous avons donc une avalanche de clichés, décrivant un coup de foudre entre 2 personnages insipides.
Elle : niaise, sans caractère, ni volonté, qui se plie à son bon vouloir par amour.
Lui : le beau-gosse, riche, qui a tout ce qu’il veut, et qui la veut ELLE. Comme ça tombe bien !
Comme si ça ne suffisait pas, elle est vierge. Super ! De la chair fraiche !! Le fantasme ultime du pervers sadique… il va pouvoir la dévergonder. Sauf que non. En l’apprenant, il décide de lui faire l’amour gentiment et tendrement, afin que sa première fois soit vraiment bien. (Le type se sait être un super amant, mais passons..)
Donc elle, forcément, commence à se faire des films. Elle aimerait bien une histoire d’amour avec le bogoss plein de thunes. Mais lui il veut pas une relation de couple. Il veut un jouet, pour réaliser ses fantasmes.
S’en suit de longues scènes d’hésitations à propos d’un contrat. Signera ? Signera pas ?
Le mec commence à prendre possession de sa vie et décider de tout pour elle, alors qu’il n’a pas encore son accord. Il lui fait des surprises, l’emmène en hélico, lui présente la meuf qui l’a initié au BDSM quandil était petit.. (chouette, une nouvelle amie couguar !) Mais comme elle est conne, niaise, amoureuse, elle dit trop rien. Elle est contente de passer du temps avec lui.

Arrive le moment où le type s’impatiente. De peur le perdre, elle signe. (Après avoir ajouter quelques petites clauses.)
Nous assistons donc à la première scène BDSM après 1h50 de film. Là on a envie de dire « il était temps ». Sauf que il n’était pas temps du tout. Au lieu d’une scène érotique/BDSM, on se retrouve face à une scène d’humiliation. Loin de prendre son pied dans la douleur, la fille supporte les coups tout en pleurant. A chaque fois que l’arme s’abat sur ses fesses elle sursaute de douleur. Et elle compte. Comme il le lui a demandé. (Tout ça, pour essayer de le comprendre.) Et lui il tape. Sans vraiment kiffer le truc. Il semble prendre autant de plaisir que s’il faisait sa lessive à la main. Pourtant il continue, comme s’il ne voyait pas ses larmes, ou qu’elle n’apprécie pas.

Suite à cette scène d’amour torride (pour son postérieur), la fille décide de faire ses valises. Elle ne comprend pas plus le délire du mec, et ne supporte plus qu’il la touche. Le film se termine avec « l’héroïne » rentrant chez elle, en pleurs, dans une voiture, sous la pluie. CLICHEEEEEE

On reste donc avec un goût amer. L’érotisme étant quasi inexistant. Le film est une grosse arnaque. Si le but avait été de nous faire ressentir un malaise, de dénoncer les abus des grands méchants loups (au charisme ravageur) sur de pauvres adolescentes impressionnables ; OK. Sauf qu’on nous avait promis du sexe, de l’érotisme, du BDSM désiré… pas de la manipulation amoureuse et du sadisme forcé. On est loin du pitch de départ.

Quand on pense que cette histoire s’adresse avant tout aux femmes. Qu’elle a été lue/vue par une majorité de jeunes adolescentes. Je me demande qu’elle image elle renvoi de l’amour et de la sexualité ? Je vais faire ma mauvaise langue de pute mais ça ne m’étonne pas plus que ça. Quand on sait que l’auteur écrivait à la base, une fan-fiction sur les héros de twilight.. Je ne pense pas qu’il y ait eu un message à la base. Juste une femme attiré par des histoires d’ado, qui a eu envie d’écrire et partager la sienne, comme l’ont fait des milliers d’autres. La différence, c’est que la sienne a été publiée et médiatisée.

Peut-être que les livres sont plus intéressants, que l’histoire est différente, et que les personnages prennent vraiment leur pied… Peut-être que ça viendra par la suite… Ou peut-être que l’auteur va grandir et ne plus mouiller sa culotte devant des adolescents aux torses huilés, qui brillent au soleil…
Qui sait ?

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